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LETTRE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DU CAMEROUN

Monsieur le Président de la République du Cameroun,

C’est avec honneur et reconnaissance que nous vous écrivons cette lettre pour vous faire part de notre préoccupation sur des sujets importants de notre pays. Nous vous remercions du travail que vous faites pour notre pays, le Cameroun. Nous savons que vous faites de votre mieux pour gérer notre pays en ces temps où nous faisons face à plusieurs défis économiques et politiques. Nous sommes reconnaissants pour votre détermination de mener notre pays vers l’avant.

 

Monsieur le Président, 

Le sujet que nous voulons aborder aujourd’hui est celui de la souveraineté et de l’Independence de notre pays, souveraineté, comme vous le savez est inextricablement liée au Franc CFA, la monnaie coloniale utilisée dans notre pays depuis plus d’un demi-siècle. Comme vous le savez, un pays ne saurait être souverain tant qu’il utilise une monnaie qui ne lui appartient pas, parce que la monnaie est au cœur, non seulement de la gestion quotidienne d’un pays, mais aussi et surtout au cœur de ses aspirations politiques, économiques et industrielles. Si un autre pays –en cette occurrence la France— contrôle notre monnaie, eh bien, ce pays nous contrôlera aussi économiquement et politiquement, et ainsi ce pays contrôlera nos dirigeants. Vous conviendrez donc, M. Président que le FCFA était au cœur de la lutte d’Independence de notre pays. Cette même lutte qui a amené nos ancêtres à payer tragiquement de leurs sangs et leurres vies.

Monsieur le Président,  

Comme vous le savez mieux que tous, le Cameroun a payé si chèrement pour sa souveraineté mais ne l’a acquise que très partiellement. Et la dernière brèche de cette souveraineté reste la monnaie. Nous pensons que la souveraineté économique et monétaire est la subsidiarité qui nous amènera à une Independence totale et complète. Et c’est cela la mission centrale de cette nouvelle génération de Camerounais.

La Banque Central d’un pays est l’institution financière quintessentielle qui est au cœur du développement économique d’un pays. C'est le principal organe moteur du développement industriel.

1-                C’est la Banque Centrale qui émet et gère la monnaie d’un pays.

2-                C’est la Banque Centrale qui détermine la quantité de monnaie en circulation dans un pays.

3-                C’est la Banque centrale qui finance le développement économique et industriel d’un pays.

4-                C’est la Banque Centrale qui, à travers les taux d’intérêts et d’échanges qu’elle fixe, et de la politique monétaire qu’elle définit, est le catalyseur des investissements économiques.

5-                C’est dans la Banque Centrale que les recettes de nos produits d’exportations sont payes en devises –pétrole, bois, produits agricoles etc...--  

6-                C’est la banque Centrale qui est au cœur de toutes les transactions financières nationales et internationales d’un pays.

Un pays ne saurait donc être Independent et souverain si sa Banque Centrale se trouve dans le trésor public d’un autre pays, --en cette occurrence la France—comme c’est le cas sous le régime du FCFA.

M. le Président,

Inutile de le rappeler une fois de plus que le Franc CFA a été créé en 1945 par la France, sous le General De Gaule avec le seul objectif d’exploiter les ressources des pays de l’Afrique Francophone. Et donc, l’objectif principal de sa création est nécessairement à contrecourant  de nos intérêts de développement économique et industriel. Intérêts que vous avez été élu par le peuple Camerounais pour protéger.

Par cet absurde arrangement monétaire, toutes nos devises et réserves d’exportation  sont payées que dans le « Compte d’Operations » dans le trésor publique Français, à Paris, avec la France ayant automatiquement droit à 50% gratuitement. --au moins--.  Et c’est la France, qui, depuis Paris dicte notre politique économique et monétaire.

Monsieur le Président,

Beaucoup d’Africains francophones, --et Camerounais en particulier--, sont de plus en plus consternés par ce sujet du FCFA. Comme votre homologue Tchadien, M. Idriss Deby l’a dit tout clairement, il est temps que les pays d’Afrique Francophones acquièrent leur souveraineté économique et monétaire complète. Nous pensons qu’il est temps de sortir du régime FCFA et de créer une  monnaie Nationale Camerounaise gérée par une Banque Centrale Camerounaise dans notre pays. Nous reconnaissons certes des risques économiques pour une telle décision. Mais rassurez-vous M. Président que la décision historique de déposer la monnaie coloniale a énormément des avantages économiques et politiques pour l’avenir de notre pays.

1-                Quitter la zone FCFA c’est mettre fin à la Colonisation Française éternelle, une fois pour toute. Et comme vous le savez, nos ancêtres ont beaucoup sacrifié pour notre souveraineté. Et quitter le la zone FCFA, c’est rendre hommage et justice à ceux-là même qui ont payé de leurs sangs pour laisser un pays meilleure à notre postérité.

2-                Quitter la zone franc, c’est sortir notre pays une fois pour toute du joug Français, c’est sortir des griffes d’une puissance impérialiste qui a exploitée notre pays depuis plus d’un demi-siècle à travers les entreprises Françaises qui opèrent dans notre pays, exploitent nos ressources naturelles et rapatrient tous leurs profits – parfois sans payer de taxe— en France tout en laissant nos enfants avec des dettes générationnelles qu’ils ne pourront jamais payer. Quitter la zone FCFA, c’est mettre fin à l’exploitation coloniale qui a laissé notre peuple dans un état de pauvreté générationnelle et d’esclavage perpétuel.

3-                Quitter la zone Franc, c’est choisir de construire un pays libre pour cette génération de Camerounais et toutes les générations futures. Génération pleine d’espoir et d’exubérance.

4-                Quitter le franc CFA, c’est choisir la liberté totale et d’être maitre de notre destin économique où nous seront les seuls décideurs et les seuls responsables des conséquences qui en sont issus, comme c'est le cas du Nigeria, le Ghana, le Kenya, l'Afrique du Sud et d'autres pays Africains qui se portent aujourd'hui beacoup mieux que tous les pays d'Afrique Francophone. Avec notre monnaie, nous pourrions choisir librement d’entrer dans des partenariats économiques avec d'autres pays, quand nos intérêts vitaux le dictent.

M. Le Président,

Après 55 ans d’Independence, le peuple Camerounais est suffisamment mure et prêt à saisir cette unique opportunité historique de créer sa monnaie Nationale. Nous le devons à cette génération et à nos enfants. M. le Président, faites le pour votre peuple. Faites-le pour cette génération et les générations avenir. Faites-le pour nos enfants.

Imaginez les possibilités d’un Cameroun avec sa monnaie. Imaginez les routes, les hôpitaux, les barrages d’eau et d’électricité, les écoles et les Universités, les logements publics que nous pourrons construire. Imaginez un Cameroun qui contrôle son port maritime de Douala où les tarifs de douanes sont la moitié des tarifs élevés actuels, imposés par la gestion Française à travers BOLORE. Imaginez un pays où le prix du pétrole coute la moitié du prix actuel, parce notre pays se sera débarrasser des exigences et des restrictions stupides de la France de construire des nouvelles raffineries de pétrole dans notre pays. Imaginez un pays où les frais de télécommunications ne seront plus les plus élevés d’Afrique, parce que la France contrôle nos réseaux de télécommunication. Imaginer un pays où nous pouvons construire de petites et moyennes industries qui transforment nos matières premières localement. –le bois, le caoutchouc, le café, la banane etc. --. Imaginez le nombre de nouveaux emplois que nous pouvons créer avec une Banque Centrale qui aura pour objectif principal de financer le développement économique et industriel de notre pays. Imaginez…

M. Le Président,

Je voudrai maintenant vous parler des technicités pour la création d’une monnaie Nationale. Certains ont insinué que les Camerounais sont incompétents et incapables de gérer une monnaie Nationale.  Inutile de vous préciser que je me refuse véhément d’accepter une telle fatalité qui réduit l’homme noire d’Afrique Francophone à la mentalité de la servitude éternelle du colon. Si des petits pays comme le Rwanda, l’Ethiopie et l’Angola –pour ne citer que cela-- peuvent gérer une monnaie, restez rassurée que le Cameroun, avec toutes ses ressources intellectuelles et humaines puisse au moins en faire autant.

M. le Président,

Pour créer une monnaie, commencez par créer un groupe de travail de 10 ou 20 hauts fonctionnaires Camerounais qualifiés  –menés par les Ministères des Finances et d’Economie—pour étudier un Project de société de création d’une monnaie Nationale. Ce groupe se rendra dans les pays Africains qui opèrent leurres monnaies –comme le Nigeria, l’Angola, le Kenya, l’Afrique du Sud etc..—et dans les pays avancés comme les EU et le Canada pour étudier la faisabilité de ce Project de création de monnaie. Ce panneau pourra aussi avoir des experts financiers internationaux, notamment des noires Américains des Etats Unis d’Amérique de « Harvard University » et du Canada pour vous conseiller de la création et de la gestion d’une monnaie.

Parallèlement, nommez un groupe de parlementaires dirigé par les Présidents de l’Assemblée Nationale et du Senat, pour commencer à établir et rédiger un Project de loi pour la création d’une monnaie Nationale. Ces groupes de travail, pourront aussi avoir des forces vives de notre pays, des hommes politiques et des patriotes Camerounais. Ceci nous permettra d’ouvrir un débat National télévisé sur le sujet de la monnaie. Le groupe des membres du parlement Camerounais travailleront avec le Conseil Constitutionnel pour la modification de la constitution pour définir le rôle de la Banque Centrale, et de préciser ses principes et mécanismes de fonctionnement dans sa gestion quotidienne.

A la fin de ces travaux, ces groupes vous présenteront avec un plan rigoureux et détaillé qui nous permettra de sortir gracieusement du régime FCFA et de transitionner vers notre monnaie National tout en minimisant les effets économiques et financiers.

Remarquez que le Cameroun ne sera pas le premier pays au monde à faire une telle transition monétaire. Les pays de l’ancienne Union Soviétique –Ukraine, Géorgie, Belarusse, etc. -- et de l’ancienne Yougoslavie –Serbie, Croatie-- ont fait des transitions monétaires de ce genre sans aucun problème majeur. Le pays du « Soudan du Sud » l’a fait tout récemment.

Certains disent qu’il faille convaincre tous les pays de la zone FCFA de sortir en même temps. Evidement ceci serait souhaitable, mais pas nécessairement réalisable, parce que certains minuscules pays de la zone franc –comme le Benin, le Togo, la RCA, etc..—  peuvent avoir des intérêts monétaires différents des nôtres. Certains de leurs dirigeants ont été placés là par la France, et ceux-ci pourront refuser de quitter la zone FCFA. Nous devons donc être prêts à quitter la zone franc en petit groupe de deux ou trois, ou seul s’il le faut.

Notre nouvelle monnaie ouvrira  un nouveau chapitre pour notre pays, le Cameroun.

M. le Président,

Nous, les Camerounais à l’étranger, nous restons confiants que vous ferrez la bonne décision pour l’intérêt du Cameroun et nous restons à votre disposition à apporter notre contribution à cet effort National.

Cette décision de libération, d’Independence et de souveraineté, tant voulue, tant combattue et tant saignée pour, dans notre pays, est au cœur même du nouveau compact social de cette génération. Ceci est l’appel solennel du patriote Camerounais. Mais c’est aussi le devoir sacré qu’une génération a l’obligation morale de laisser un pays meilleur à la génération suivante. M. le Président, faites quelque chose pour votre pays et votre peuple. Faites quelque chose pour nos enfants et les générations avenir du Cameroun. C’est cela même notre devoir en tant que citoyen patriotique Camerounais. L’amour et le patriotisme pour votre pays et votre peuple se mesure par le courage et le sacrifice que vous mettez à la disposition de ceux-ci.  

Enfin M. Le Président,

La France, à travers son Ministre des Finance, M. Michel Sapin a enfin signalé la disposition de la France de nous laisser décider de notre avenir monétaire. Eh bien, prenons les a leurs mots. Notre peur, notre doute collectif, notre manque de courage et une volonté politique résolue restent donc les seuls obstacles pour notre liberté et notre souveraineté totale. Nous devons saisir cette opportunité historique dont nos ancêtres et des générations successives ont durement travaillé pour accomplir. Et quelque soient nos divergences et nos opinions politiques, nous voulons tous le même résultat pour notre pays: celui d’un Cameroun fier et prospère avec des citoyens libres à la poursuite du bonheur individuel et collectif.

Le changement demande du courage, et nous avons la capacité de changer le futur de notre pays. Ca ne dépend que de nous.

Nous vous remercions.

Tres cordialement,

----The ANST Fraternity Order.----  La Diaspora active.

 

 

Reference : M. Michel Sapin, ministre des Finances et des Comptes publics de la France, a exprimé la volonté de son pays à renégocier la question monétaire avec les pays membres de la zone Franc.

« La France est entièrement ouverte à toutes les discussions. Tous les pays-membres de cette zone monétaire sont libres et indépendants, ils peuvent donc demander à rediscuter les accords monétaires qui les lient à la France. Rien n'est figé ni tabou » ---Michel Sapin---

 

 

« L’histoire ne retiendra que ceux qui construisent et non pas ceux qui detruisent » --ANST--

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