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LA DEUXIEME REPUBLIQUE DU CAMEROUN

Nécessite d’une Conférence Nationale de Reformes Constitutionnelles

----L’après Biya et la deuxième République du Cameroun----

Apres 33 ans de pouvoir sans partage du régime du Président Paul Biya et son parti politique le RDPC, les Camerounais ont l’impression d’avoir été dupés par la promesse de changement qu’un system démocratique était censé apporter dans notre pays. Depuis plus de deux décennies, on a eu le SDF, puis de nombreux partis politiques, des élections parfois truquées, et rien n’a changé.

 

La question est donc de savoir : qu’avons-nous appris dans les 25 dernières années de multipartisme dans notre pays ? Que s’est-il réellement passé sur le plan politique au Cameroun depuis les années 90 ? Pourquoi n’avons-nous pas réussi à établir un réel system démocratique ou les pouvoirs sont partagés entre les différentes branches –censées être indépendantes-- de notre gouvernement à savoir, l’Exécutif, le Législatif et le Judicaire ? En tant que peuple, qu’avons appris après 33 ans de pouvoir sans partage par un despote tyran qui a confisqué tous les pouvoirs de notre pays, et qui n’a pour seul objectif que s'éterniser au pouvoir, tout en aliénant un peuple tout entier ? Que devons-nous faire pour que ceci ne se reproduise plus jamais dans notre pays ? Que pouvons-nous envisager pour empêcher qu’un seul homme –entouré par des membres de sa tribut--  confisque tous les pouvoirs et met tout un peuple dans une condition de stupeur, de désespoir et de confusion ?

Apres le départ de M. Paul Biya, qu’est-ce le peuple Camerounais devrait-il exiger de ses futurs dirigeants politiques pour un changement démocratique réel dans notre pays ?  

Un peuple qui n’apprend rien de son histoire –surtout de l’histoire récente— est un peuple imbécile et condamné à répéter les mêmes erreurs. Notre histoire politique nous aura démontré que le multipartisme à lui tout seul ne suffit pas et n’est nullement l’équivalent de la démocratie que notre peuple revendique.  

Pour avoir une démocratie, il faut qu’il y ait partage du pouvoir et que ce partage soit clairement énuméré et défini par notre constitution. Cela veut dire que tous les pouvoirs ne doivent jamais être concentrés en un seul homme. Cela veut dire que les pouvoirs de notre pays doivent être partagés entre l’Exécutif, le Législatif et le Judicaire, et ceci clairement inscrit –et de façon indélébile-- dans la constitution de notre pays. Cela veut dire que le pouvoir doit être décentralisé avec des Gouverneurs des Régions élus, et à qui la constitution reconnait un certain nombre de pouvoirs Régionaux. Cela veut dire que les Ministres, les procureurs, les membres de la Cour Suprêmes et tous les haut fonctionnaires d’état sont nommés par l’Exécutif, mais confirmés et votés par le Législatif –Assemblée Nationale et/ou Senat-- et ceci télévisé en direct sur les chaines Nationales. -- Cela veut dire que la constitution de notre pays doit garantir les libertés civiles et individuelles; la liberté d’expression, liberté de presse, liberté de réunion,  liberté de manifestation pacifique, liberté de religion etc… Cela veut dire qu’un Camerounais ne peut être arbitrairement interpellé, intimidé et détenu sans respect des procédures judiciaires adéquates telles que définies par la constitution de notre pays. Cela veut dire la transparence totale dans affaires de l’Etat avec le Ministère des Finances publiant mensuellement toutes les recettes et les dépenses de l’Etat.

Peuple, voilà ce que signifie la Démocratie. Un système de gouvernance du peuple, par le peuple et pour le peuple. Un system où les pouvoirs sont partagés et non pas concentrés sur un seul homme, homme qui finira –inévitablement-- toujours par décevoir le peuple.

Le multipartisme politique est simplement une mèche de la démocratie, et à lui tout seul ne suffit point. Le partage du pouvoir à travers la constitution est l’élément subsidiaire, fondamental et indispensable pour l’implémentation et le fonctionnement d’une démocratie réelle. S’il y a une chose que nous avons apprise dans les vingt dernières années, c’est que le multipartisme politique sans partage de pouvoir ne signifie absolument rien, et en est semblable à une voiture sans carburant !

Le Cameroun a manqué une occasion réelle pour une vraie réforme politique en 1992 quand le peuple Camerounais avait presqu’a l’unanimité revendiqué une Conférence Nationale Souveraine. Cette volonté du peuple Camerounais avait été détournée par une classe de kleptocrates déguisés en intellectuels, pour qui la tribu passait avant la nation et le peuple. Et cela nous a conduits à l’impasse actuelle.

Apres donc le départ de M. Paul Biya du pouvoir, le Cameroun aura à nouveau une –dernière ?— chance pour définir les fondations et les éléments fondamentaux et indispensables pour établir une vraie démocratie durable dans notre pays, et une République nouvelle –la deuxième République--. Beaucoup de Camerounais parlent de changement et de succession. Mais qu’attendent-ils réellement du changement et de la succession ? Que veulent-ils vraiment changé ?  En tant que peuple, nous devront comprendre que changer seulement le Président et laisser le system actuel tel qu’il est, ne nous apportera pas grand-chose, parce que rien dans notre constitution actuelle n’empêchera le prochain Président d’en faire autant, ou même pire.

Tout changement réel à la tête de notre pays doit être accompagné d’un profond changement systématique et cela veut dire un changement substantiel de la constitution de notre pays. Et un Forum National de Réformes Politiques ou  Conférence Nationale –on peut l’appeler comme on veut-- est indispensable pour définir les éléments essentiels et fondamentaux d’une démocratie constitutionnelle nouvelle dans notre pays. Un peuple doit apprendre de son histoire et en tirer les conséquences. Apres le départ de M. Paul Biya –quel que soit la manière de ce départ--, le peuple Camerounais devra exiger la convocation d’une plateforme Nationale de Réformes Politiques indispensables pour l’avenir démocratique de notre pays. Dans une telle conférence, on pourra discuter des réformes constitutionnelles intelligentes et poser les jalons d’une nouvelle République.

REFORME CONSTITUTIONELLE – La deuxième République du Cameroun.

Apres le départ de M. Paul Biya, la reforme constitutionnelle pourra débattre les points suivants :

1-    La Séparation de l’Etat et du Parti Politique au pouvoir.

Si nous voulons une démocratie moderne dans notre pays, on ne peut pas laisser le parti politique au pouvoir –comme c’est le cas du RDPC-- gérer la caisse de l’Etat comme si celle-ci était le compte bancaire du parti politique. En ce moment, il n’y aucune distinction entre les fonds de l’Etat du Cameroun –ou l’argent du peuple Camerounais—et ceux du RDPC, le parti au pouvoir. Quand le RDPC organise les voyages, les réunions, les réceptions ou les fêtes de ses membres, --et ceci n’a rien à voir avec le peuple Camerounais--, il puise abusivement –et de façon incontrôlée-- dans les caisses de l’Etat, et cela sans la connaissance ou le consentement du peuple Camerounais. Pour changer cela, il faudra clairement définir la séparation entre l’Etat du Cameroun –qui est sensé comprendre le peuple tout entier, y compris les non-RDPC — et le parti politique au pouvoir. –en cette occurrence le RDPC--. Cette séparation permettra à tous les partis politiques de notre pays d’être considérés comme des entités appart entières différentes de l’état.  Ceci permettra à tous les partis politiques d’être traités de façon égale, du point de vue politique, social et financier. 

2-    Le Mandat Présidentiel.

La constitution du Cameroun doit être reformée pour réinstaurer deux mandats présidentiels de 5 ans non renouvelables. Cette réforme doit préciser que tout changement futur du mandat Présidentiel ne pourra se faire que par referendum populaire –et non pas à travers le corps Législatif. --l’Assemblée Nationale et/ou le Senat--.   

3-    Gouverneurs des Régions élus.

La réforme constitutionnelle pourra aussi permettre aux Gouverneurs des Régions d’être élus. Cette réforme définira des pouvoirs constitutionnels régionaux au poste de Gouverneur élu, tel que la Police régionale, l’établissement des permis de conduire, la politique de l’éducation Régionale, etc. et le pouvoir de gérer le budget Régional, pour la construction des routes, des hopitaux, des barrages d’eaux et d’électricité, des logements sociaux, d’organiser et de proclamer les résultats des élections.

Le pouvoir du Gouvernement central de Yaoundé devrait être aussi clairement défini, tel que la politique étrangères, signature des traités, forces armées, protection de l’intégrité territoriale, immigration, etc... 

4-    Séparation des pouvoirs

La réforme constitutionnelle devrait clairement définir la séparation des pouvoirs entre le l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire. Les prochains Présidents de notre pays ne doivent pas avoir à eux seuls tous les pouvoirs comme c’est le cas actuel. Il est stupide pour un pays de laisser tous les pouvoirs à un seul individu, qui finira inévitablement par décevoir le peuple. Que la leçon soit bien comprise après 33 ans du régime actuel. Il faut être un peuple irréfléchi pour laisser les choses dans son état actuel, parce que rien n’empêchera le prochain président d’en faire autant. Cela doit absolument changer. 

Le Pouvoir Exécutif ou le Président de la République. 

Le Président de République nommera le Premier Ministre dans la coalition de la majorité à l’Assemblée Nationale. Les membres du cabinet ministériel seront nommés conjointement par le Président et le Premier Ministre. Les ministres seront confirmés par l’Assemblée Nationale et/ou le Senat et seront comptables au Premier Ministre, au President et au peuple Camerounais à travers l'Assemblée Nationale.

Le pouvoir législatif.

Les membres de l’Assemblée Nationales et du Senat seront élus dans leurs Régions et ceux-ci représenteront leurs Régions. Ils iront à l’Assemble Nationale ou au Senat pour défendre les intérêts des citoyens des Régions qui les auront élus. 

Le pouvoir Judicaire.

Les membres de la cours suprême --et du systeme Judiciare-- seront nommés par le pouvoir Exécutif, mais ils seront confirmés par le pouvoir Législatif –Assemblée Nationale et/ou Senat--. Et ce processus de confirmation devra être télévisé en directe sur les chaines Nationales. 

5-    Economie Monétaire.

Une Conférence Nationale sera également le forum politique idéal pour discuter et décider de l’avenir économique et monétaire de notre pays. Voulons-nous continuer avec le FCFA et les « Comptes d’Opération » dans le trésor public Français –ou la France détient gratuitement 50% de toutes nos réserves d’exportation-- ou, en tant que peuple souverain, voulons-nous avoir notre monnaie Nationale ? En tant que peuple souverain, nous devrions répondre à cette question quintessentielle pour l’avenir économique et politique de notre pays et nos enfants. Si nous sommes indépendants, --ne serait-ce que sur papier--, pourquoi continuer à utiliser une monnaie coloniale esclavagiste sur laquelle nous n’avons aucun control ? Pourquoi ne pas avoir notre Banque Centrale --et notre monnaie-- dans notre pays où toutes les recettes de nos produits d'exportation seront payées en dévises --et en entier-- devant nos yeux ? Le peuple Camerounais devra décider sur cette question Centrale de son avenir. La Conférence Nationale serait un lieu idéal pour ce débat. 

6-    La Réforme Electorale.

La Conférence Nationale serait également une plateforme idéale pour décider des reformes électorales. Les Gouverneurs élus des Province seront responsables d’organiser et de proclamer les résultats des élections dans leurs régions. On ne peut pas avoir un system électoral ou après les votes, les urnes sont transportées à Yaoundé –devenant le Nkukuma— pour compter et annoncer le résultat des élections. Les élections doivent être transparentes et organisées par le Gouvernement Régional sous la direction du Gouverneur élu. Ces Gouverneurs, –en travaillant avec le Gouvernement Central-- auront la responsabilité constitutionnelle d’organiser, de superviser et d’annoncer les résultats des élections. Avec ce nouveau system, nous pourront dire au revoir aux fraudes électorales massives dont le Nkukuma et son RDPC en sont devenus maitres.

Peuple,

En voilà quelques exemples de vraies réformes politiques que notre pays doit subir pour un changement réel.  Changer un Président par un autre ne nous apportera pas grand-chose, si ce changement n’est pas accompagné par des reformes systémiques qui contraindront nos futurs Présidents à être comptables devant le peuple Camerounais. Nos futurs Présidents –et tous ceux qui sont élus-- doivent comprendre que, s’ils ne respectent pas la volonté du peuple souverain, ils seront chassés du pouvoir par les élections libres qu’ils ne pourront point truquer.

D’autre part, le pouvoir exécutif du prochain Président aura des limites, parce que les pouvoirs seront partagés entre les corps Législatif  et Judiciaire d’une part, et des Gouverneurs des Régions élus d’autre part. 

Apres 33 ans de corruption endémique et de détournement massif sous le regard d'un gouvernement inepte et complaisant, le peuple Camerounais ne peut se payer le luxe de laisser les choses telles qu’elles sont maintenant, parce que rien n’empêchera les prochains dirigeants d’en faire autant ou même pire ! Nous devons apprendre des leçons de notre passé et rectifier le futur de notre pays. Et la Conférence Nationale sera un forum politique pour accomplir ces changements importants pour notre pays.

Nous avions manqué cette occasion en 1992 avec l’avènement du SDF. Et après 33 ans d’enfer sous le règne absolu du Nkukuma, le peuple Camerounais n’a plus droit à l’erreur, ou alors nous ne serons plus un pays, mais une plantation néocoloniale avec les Camerounais comme ses esclaves. Ca ne dépend que de nous !  

« S’il y a une chose que nous avons apprise dans les vingt dernières années, c’est que le multipartisme politique sans partage de pouvoir ne signifie absolument rien, et en est semblable à une voiture sans carburant . » --ANST Fraternity Order--

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